|
-
Monsieur le Président
-
Mesdames et Messieurs les Membres de la Commission
des Finances et du Budget
C’est
pour moi un réel plaisir de me retrouver de nouveau parmi vous pour
débattre des aspects liés au monde du travail et à la sécurité
sociale dans le cadre des discussions préliminaires relatives au
projet de loi de finances pour 2006. C’est aussi l’occasion pour
moi d’évoquer devant vous les grandes préoccupations du secteur,
que nous comptons prendre en charge durant l’exercice 2006.
Mais
avant d’aborder les volets relevant de notre département, permettez
moi de partager avec vous mon optimisme quant à l’évolution positive
attendue des effets cette la loi de finances.
La
santé financière de notre pays constitue un atout considérable pour
la conduite sans risque de notre programme de développement
économique et social et la consolidation de la croissance économique
seule à même de générer des ressources supplémentaires
pour la cohésion sociale.
Ce projet de loi de finances s’inscrit dans les
objectifs stratégiques du programme quinquennal de Son
Excellence le Président de la République, particulièrement en ce qui
concerne le 2ème plan de soutien à la croissance
économique. Ce plan faut il le rappeler prévoit une plus grande
efficacité de production et de productivité de notre appareil
économique pour répondre aux aspirations et aux attentes de justice
sociale, d’équité et de bien être des travailleurs. Nous croyons
profondément en ces valeurs et c’est pour cette raison que je
rappellerai que parmi les objectifs du programme du Président,
figurent la construction d’un Million de logements
et la création de 2 millions d’emplois, projets dont la réalisation
pourra répondre aux attentes légitimes de nos citoyens.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, c’est dans ce contexte de stabilité politique,
économique et sociale conforté par l’adoption de la charte sur la
paix et la réconciliation nationale et les perspectives du
pacte économique et social que s’inscrit notre programme
d’action pour l’année 2006, tant en matière de sécurité sociale que
de relations de travail.
EN MATIERE DE SECURITE SOCIALE
J’ai eu au cours des années précédentes à vous exposer les grands axes
du programme sectoriel et les mesures engagées pour parvenir à
l’objectif prioritaire de consolidation du système.
La concrétisation de ces mesures devant se réaliser sur le long
terme, je voudrais aujourd’hui vous présenter leur état
d’avancement et les perspectives pour 2006.
LA
SITUATION FINANCIERE
Au préalable, je voudrais donner un bref aperçu sur la situation
financière des organismes de la sécurité sociale.
-La CNAS a enregistré en 2004 un excédent de plus de 8 Milliards de
Dinars (8.054.527 DA) contre 870.615.020 DA en 1999.
-La CNR présente quant à elle une situation financière préoccupante
avec un déficit de 6,35 milliard de DA en 2004.
-La CASNOS présente une diminution importante de son déficit qui est
passé de 5 milliards en 2001 à 1,3 milliards en 2004.
-la CNAC a une situation de trésorerie positive de 72 Milliards de DA
situation devant favoriser une contribution appréciable dans la
lutte contre le chômage.
De manière générale, il est permis de dire que la situation financière
de la sécurité sociale a connu une amélioration grâce
particulièrement :
- à l’évolution de la création d’emplois ;
- aux mesures de rationalisation en matières des dépenses notamment
dans le domaine de l’assurance maladie.
- aux mesures d’amélioration des performances du recouvrement.
Cependant les données démontrent que cet équilibre demeure fragile et
justifie des mesures suivantes d’amélioration de la gestion de
l’ensemble du système et qui sont de nature à répondre à vos
préoccupations :
DANS
LE DOMAINE DE LA PRISE EN CHARGE DES SOINS DE SANTE
CONTRACTUALISATION
Tout d’abord en ce qui concerne la contractualisation avec la santé,
il m’a été donné d’évoquer ici même et à plusieurs reprises cette
question qui demeure au centre des préoccupations de nos relations
avec le secteur de la santé.
C’est ainsi que depuis la loi de finances pour 2003 et notamment son
article 116 relatif à la contribution des organismes de sécurité
sociale au financement des établissements publics de santé, le
décret n° 04-101 du 1er avril 2004 pris en application de
cette disposition a permis de fixer le cadre de mise en œuvre de
cette relation santé sécurité sociale à travers :
- l’identification des assurés sociaux et des ayants droits ;
- le projet de mise en place d’une carte à puce sécurité sociale ;
- l’installation des services hôpitaux cliniques au niveau de toutes
les agences de wilayas des organismes de sécurité sociale.
Au plan réglementaire la contractualisation des relations
santé/sécurité sociale s’est traduite également par l’adoption de
deux décrets exécutifs :
- n° 05.171 du 07 mai 2005 fixant les conditions de fonctionnement du
contrôle médical des assurés sociaux en vue de confirmer les
prestations réellement fournies aux assurés sociaux.
- n° 05-257 du 20 juillet 2005 portant modalités d’établissement
de la nomenclature générale et de la tarification
des actes professionnels des médecins, pharmaciens, chirurgiens
dentistes et des auxiliaires médicaux.
C’est en application de ce texte que nous avons procédé récemment à
l’installation des deux commissions intersectorielles, celle chargée
de la nomenclature et celle de la tarification des actes
professionnels avec pour mission d’actualiser la nomenclature et le
taux de remboursement des actes médicaux en vigueur depuis 1987.
Il est permis de dire aujourd’hui que le processus est bien engagé et
ceci va permettre à la sécurité sociale de mieux suivre l’affectation des ressources destinées aux
établissements de santé.
·
Médicament
Toutefois dans le domaine de l’assurance maladie la consolidation de
cette branche sera recherchée également à travers une nouvelle
politique de remboursement du médicament.
En
effet, dans la structure des dépenses du système de sécurité
sociale le médicament connaît encore une forte
augmentation d’année en année. Il est passé de
15 Milliards de DA en 1999 à plus de 45 Milliards de DA en
2004 dus pour l’essentiel :
-
à l’accroissement des prescripteurs ;
-
à l’accessibilité de la population aux
soins ;
-
à la faiblesse de la production nationale
en médicament ;
-
à l’importation qui est passée de 500
millions de $ en 2002 à 1 milliards de $ ces dernières années ;
Dans ce domaine, il y a lieu de préciser que nous nous engageons vers
la mise en place du tarif de référence qui constitue un
système de remboursement à même de favoriser l’utilisation du
générique.
Par ailleurs, permettez-moi de rappeler l’adoption d’un ensemble de
mesures qui sont de nature à lutter contre la fraude et les
prescriptions abusives.
C’est ainsi que la loi de Finances complémentaire pour 2005 que votre
honorable assemblée a adopté cette année, a introduit des sanctions
dissuasives pour tous les abus et infractions en la matière.
Toujours dans le souci de maîtriser les dépenses en matière de soins,
des dispositions sont prévues pour encadrer l’utilisation des cartes
de tiers payant notamment grâce à l’adoption d’un livret de soins
et la mise en place prochaine de
la carte à puce.
·
Contrôle médical
L’évocation des abus et des mesures de lutte contre toutes formes de
fraude me conduit à vous présenter les nouvelles dispositions en
matière de contrôle médical.
En effet, le contrôle médical constitue un levier pour la
rationalisation du comportement des praticiens, des fournisseurs de
produits et de services et des assures eux-mêmes. Le contrôle
médical est également et le sera davantage à l’avenir un moyen
d’amener les gestionnaires a une utilisation optimale des ressources
financières qui leur sont confiées.
Aussi, entre 1999 et 2005, les effectifs en médecins conseil sont
passés de 389 à 629 repartis sur 414 structures, dont 30
mises en place en 2004.
L’activité du contrôle médical a connu un accroissement
certain passant de 5,5 millions de dossiers contrôlés en 1999 à 9,3
millions de dossiers en 2004.
Par ailleurs, je dois souligner qu’en matière de maîtrise de cette
activité importante, nous avons entamé début 2004 l’informatisation
du système de contrôle où nous avons enregistré 257 contrôles
informatisés sur 414, sans compter l’aspect formation des médecins
conseil qui a débuté en 2005 et doit se poursuivre en 2006 pour
permettre aux médecins conseil de maîtriser les méthodes modernes de
contrôle.
·
Transfert pour soins à l’étranger
Après avoir exposé les principaux postes de dépenses de soins en
Algérie, je voudrais aborder l’aspect lié aux transferts pour soins
à l’étranger.
Les
transferts pour soins à l’étranger
ont connu pour leur part une baisse en terme de nombre de malades
transférés. Cependant, les dépenses dans ce domaine ont connu en
2004 un accroissement de l’ordre de 47 % par rapport à 2003 et ce
malgré l’effort fourni par la sécurité sociale en matière de
conventionnement des structures locales de soins de haut niveau qui
a montré ses limites puisque nous continuons à prendre en charge des
malades pour soins à l’étranger.
Le
nombre de malades transférés est resté stationnaire depuis 1999, il
est en moyenne de 1000 malades par an. Par contre en
terme de coûts le montant est passé de 1,9 Milliards de DA en 1999 à
3,8 Milliards de DA en 2004.
Cette
augmentation s’explique par le niveau élevé du coût des soins à
l’étranger et notamment en France.
Face à cette situation, plusieurs mesures ont été prises par le
secteur pour réduire ces transferts. Il s’agit de la limite opérée
dans la liste des pathologies la réduisant à sis (06) pathologies
et seule la Commission Nationale Médicale mise en place à cet effet
conjointement avec le Ministère de la Santé est habilité à décider
des malades à transférer à l’étranger. De même que nous avons
procédé à la diversification des pays d’accueil dont les structures
de santé offrent des forfaits par pathologies. L’objectif poursuivi
dans ce cadre consiste à réduire les T.S.E. et à augmenter nos
capacités nationales à prendre en charge ces malades à travers
l’élargissement du conventionnement avec les structures de soins de
haut niveau.
Par ailleurs, ce constat nous a amené à reconsidérer notre démarche à
travers l’encouragement de la venue d’équipes médicales étrangères
spécialisées susceptibles de nous permettre de réduire les dépenses
sur ce chapitre et le nombre des transferts.
De plus à travers ces équipes, nous pourrons faire assurer le
transfert de savoir au profit des spécialistes Algériens.
Telles sont les principales informations concernant la
branche assurance maladie qui s’adresse aux assurés sociaux et leur
famille.
·
Démunis
A la couverture assuré par la sécurité sociale s’ajoute celle assurée
par l’Etat au profit des démunis.
Cette action constitue un acte de solidarité, de soutien et d’assistance envers
cette catégorie sociale défavorisée qui bénéficie actuellement d’une
attention particulière de la part des pouvoirs publics. Pour ce qui
concerne notre secteur une prise en charge leur est accordée en
matière de soins de santé et médicaments.
Les dépenses engagées à ce titre connaissent une augmentation sensible
d’année en année.
C’est ainsi qu’en 1999, le montant était de 17.790.621 DA pour 30.926
bénéficiaires, en 2004 ce montant est passé à 246.053.304 DA pour un
nombre de 113.128 bénéficiaires.
·
Amélioration du service des prestations
Après avoir évoqué les mesures destinées à consolider le système, je
voudrais aborder les aspects liés aux droits des bénéficiaires qui
le finance à travers leurs cotisations.
Sur ce point, je voudrais insister sur les dispositions prises pour
agir au niveau de l’accueil, de l’accessibilité de l’allègement des
procédures et de la rapidité dans la reconnaissance des droits.
Il s’agit de parvenir à plus de simplicité, d’exploitation, de
communication sans occulter l’aspect humanisation des relations.
C’est dans l’ordre de cette préoccupation fondamentale que le système
de sécurité sociale prestataire de droits vitaux, s’est inscrit dans
un logique de rapprochement à travers la création continue des
centres de paiement dont le nombre a atteint 871 et la
généralisation en 2006de cellules d’écoute.
De ce fait, notre secteur s’est engagé dans un processus de
modernisation de l’institution au travers des principaux aspects,
tels que les normes, les méthodes du travail, la formation et
l’information.
Toujours dans cette logique de performance et pour permettre aux
pouvoirs publics d’avoir une vision globale de l’évolution du
système de sécurité sociale, il est procédé à la mise en place d’un
système d’informations devant permettre d’entrevoir les perspectives
quant aux tendances et évolutions à prendre en compte et d’éclairer
les pouvoirs publics en matière de prise de décision nécessaire à
l’adaptation du système aux données qui conditionnent son
équilibre et donc sa sauvegarde.
Avant de clôturer mon intervention sur le volet sécurité
sociale, je voudrais très rapidement évoquer la branche
assurance chômage.
L’ASSURANCE CHOMAGE
La
Caisse Nationale d’Assurance Chômage initialement créée pour prendre en
charge les travailleurs ayant perdu leur emploi pour raison
économique à travers le versement d’une allocation chômage vient de
voir confier en 2004, la gestion d’un nouveau dispositif de soutien
à la création d’activités par les chômeurs promoteurs âgés entre 35
et 50 ans.
En ce qui concerne l’assurance chômage, nous avons enregistré la prise
en charge en 1995 de 189.185 allocation, dont 174.767 ont épuisé
leurs droits et 10.000 dossiers sont encore en gestion.
Le montant total des allocations servies entre 1995 et le 1er
semestre 2005, s’élève à 29 Milliards 229.000.000 DA.
Concernant le dispositif de soutien à la création d’activité par les
chômeurs promoteurs âgés entre 35 et 50 ans, si son démarrage a été
difficile compte tenu des nombreuses contraintes enregistrées
notamment auprès des banques il n’en demeure pas moins que des
améliorations sont attendues. Des mesures sont déjà prises pour
aplanir ces difficultés et permettre au dispositif d’accroître ses
capacités en termes de création d’activités et d’emplois.
Actuellement, nous enregistrons un nombre total de 837
micro-entreprise créés, générant 2.335 emplois.
L’adhésion prochainement de l’Algérie à l’OMC nous conduira
certainement à accélérer le rythme de privatisation, ce qui à
l’évidence induira des pertes d’emploi estimé selon ce qui a été
annoncé par Monsieur le Chef du Gouvernement, à 50.000 travailleurs
qu’il conviendra de faire prendre en charge par la CNAC.
Leur prise en charge est programmé à compter de 2006 à raison de
10.000 DA/mois par personne pour une durée de trois (03) années.
L’impact financier pour la seule année 2006 serait de 6 Milliards de
DA.
EN CE QUI CONCERNE LE DOMAINE DES RELATIONS DE TRAVAIL
L’année 2006 verra la poursuite des travaux d’élaboration d’un code du
travail, dont la réflexion est actuellement engagée dans le cadre
d’un groupe de travail Tripartite suite aux décisions de la dernière
Tripartite qui s’est tenue en Mars 2005.
Si le dispositif législatif actuellement en vigueur répond dans
l’ensemble aux préoccupations du monde du travail, il n’en demeure
pas moins qu’il nécessite des améliorations et adaptations au
regard des changements et évolutions que connaît l’Algérie à travers
les réformes engagées, en matière économique et sociale notamment.
L’objectif assigné est de parvenir à disposer d’un instrument efficace
accessible à tous les utilisateurs, instrument qui prendrait en
compte les situations nouvelles induites par l’économie de marché
qui se caractérisera davantage par une plus grande mobilité de
l’emploi.
Aussi, un effort particulier sera accordé à l’action de lutte contre
le travail illégal, le travail non déclaré et le travail des
enfants.
L’application de la législation du travail sera au centre des
préoccupations de l’Inspection du Travail qui a connu cette année
2005 une réorganisation et un renforcement des ses activités.
Enfin, le dialogue et la concertation sociale
seront davantage consolidé pour aplanir les différentes et créer un
climat social propice à l’amélioration constante des conditions de
travail et de santé au travail.
En effet, l’Inspection du Travail de Wilaya a été officiellement
créée, ce qui nous a conduit à réorganiser les inspections
régionales et la création du bureau de l’Inspection du Travail au
niveau des bassins d’emploi. Nous avons donc tenter de mettre en
place un schéma plus complet et cohérent. Il s’agit durant
l’assurée 2006 de parachever cette nouvelle organisation
territoriale et de donner les Wilayas du Nord des moyens de
déplacement des inspecteurs, comme il a été déjà pour les Wilayas du
Sud durant l’année 2005.
Cette effort consenti dans le domaine de l’organisation et la dotation
de moyens supplémentaires y compris de transport ont assurément
permis d’accroître les capacités d’inspection sur le terrain avec
59.547 visites d’inspection effectuer au 30 Septembre 2005, qui ont
donné lieu à l’établissement de 41.567 actes, dont 11.496 procès
verbaux d’infractions.
Dans ce cadre, il me semble utile que durant l’année 2006, une plus
grand rigueur sera observé visant à faire respecter la législation
et la réglementation du travail, notamment en matière de contrôle de
la non affiliation des travailleurs salariés à la sécurité sociale
au contrôle de la main-d’œuvre étrangère en situation irrégulière.
En espérant avoir répondu aux préoccupations que vous avez exprimé
permettez-moi de passer aux aspects liés au projet de budget pour
2006 concernant notre secteur.
PROJET
DE
BUDGET
2006
FONCTIONNEMENT
Le projet de budget pour 2006 de fonctionnement et d’équipement
du secteur du travail et de la sécurité, il prévoit une enveloppe
globale de 19.594.120 Milliards de DA, dont 18 Milliards 790.247.000
DA au titre du budget de fonctionnement de l’administration centrale
du Ministère et 814.674.120 DA au titre de l’inspection du travail.
Cette dernière a donc connu une augmentation de 20 % par rapport à
2005.
L’enveloppe destinée à l’administration centrale est répartie à raison
de 218.247.000 DA soit 2 % au titre des dépenses de
fonctionnement de l’administration centrale, 18.572.000.000 DA,
soit 98 % destinées à la prise en charge du complément
différentiel servi aux petites pensions des salariés et des non
salariés.
EQUIPEMENT
Le budget d’équipent de l’administration centrale et de 324
Millions de DA pour 2006 contre 311 Millions de DA pour
2005, soit 4,18 % d’augmentation.
L’inspection du travail bénéficiera de 288 Millions de DA pour
2006 contre 39 Millions de DA pour 2005, soit 738 % et
d’augmentation par rapport à 2005.
Le programme décentralisé (Wilayas) 194Millions de DA.
LE TOTAL GENERAL :
806 Millions de DA (secteur).
Pour
terminer, je ne manquerai pas de souligner l’importance des
nouvelles dispositions de la loi de Finances pour 2006 et leur
impact positif sur l’investissement, la solidité de la croissance
économique enregistré ces dernières années, la stabilité financière,
la réduction du chômage et le développement humain conséquence
directe de notre politique de développement.
Je
reste attentif à vos questions.
|